lundi 24 février 2025

Architectures, technologies numériques

Les choix d’architectures, de technologies numériques, visent à répondre aux caractéristiques définies des ensembles matériels et logiciels. Pour les SI, on a distingué leur architecture d’ensemble, et celle des systèmes locaux, mobiles, distants, des réseaux de communication. On a également distingué l’architecture logicielle des SI, des équipements. 

Ces choix ont un impact sur la nature des activités numériques à réaliser.

La valeur ajoutée numérique apportée par les produits et services dépend des choix des entreprises dans ce domaine. Pour les constructeurs, par exemple, elle est faible lorsqu’ils se limitent à assembler des composants matériels et des logiciels standard du marché. Elle est très forte dans le cas des composants électroniques, pour lesquels les constructeurs réalisent des investissements considérables en R&D.

Modalités de recours aux nouvelles technologies

Le recours à de nouvelles technologies numériques présente de l’intérêt, voire est obligatoire dans certains contextes, mais comporte évidemment plus de risques que le choix de technologies éprouvées. Des arbitrages sont à faire sur leurs modalités de prise en compte.

Des ruptures technologiques sont parfois nécessaires pour répondre aux caractéristiques attendues. Pour les grands SI, les entreprises souhaitent souvent qu’elles soient progressives, de façon à pouvoir étaler dans le temps les investissements techniques et financiers à réaliser.

Les produits numériques, les logiciels appartiennent souvent à des séries. Les choix d'architecture doivent prévoir autant que faire se peut des passages aisés d'un modèle, d’une version à l'autre, l'utilisation conjointe de versions, de modèles anciens et nouveaux.

Pour les ensembles matériels et logiciels dont elles sont propriétaires, les entreprises cherchent en général à transformer, réutiliser l’existant, pour des raisons évidentes de coûts et de délais, de maîtrise des risques. Dans les grandes organisations, les SI, les logiciels existants ont souvent fait l’objet d’investissements lourds, sont difficiles techniquement à remplacer ; les entreprises souhaitent les rentabiliser autant que faire se peut. Pour les opérateurs de télécommunications numériques, la réutilisation des voies de transmission existantes, filaires ou hertziennes, est en général une priorité.

Ceci milite pour une grande évolutivité des ensembles matériels et logiciels.

Les démarches de réutilisation du logiciel doivent faire l’objet d'une stratégie délibérée, planifiée. Des solutions sont envisageables pour rendre plus évolutifs, agiles, des logiciels existants, sans devoir de les réécrire complètement.

Standardisation, rationalisation

1) Les éléments constitutifs des ensembles matériels et logiciels sont standard, proposés sur le marché, ou doivent être conçus, construits, développés sur mesure.

En règle générale, il est recommandé d'utiliser autant que faire se peut des éléments standard, pour des raisons de réduction des délais, de coût... Il est parfois nécessaire de recourir à des solutions sur mesure, pour des raisons de différenciation concurrentielle, de cohérence, de sécurité, de volonté de maîtrise technologique…

Les grandes entreprises ont souvent intérêt à investir dans la recherche (par exemple dans le big data, la robotique, l’IA...), le développement de technologies numériques de pointe. Des choix (difficiles) sont à faire sur les domaines à retenir.

Les budgets de développement des nouvelles technologies sont parfois considérables, par exemple pour les composants électroniques, l’IA.

2) Il est souvent intéressant de définir des standards internes d’architecture, de technologies numériques, des normes internes, d'éliminer les hétérogénéités techniques inutiles, de mutualiser les éléments d’usage général. Outre la réduction des coûts (de développement, d’achat, de maintenance, des compétences nécessaires…), des risques, ceci permet de mieux maîtriser les architectures, les technologies mises en œuvre, et donc d’améliorer la fiabilité des ensembles matériels et logiciels, de faciliter la réalisation des projets. Cela n’est pas toujours possible.

Dans un domaine d’activité, une architecture des SI identique dans toutes les régions, les zones géographiques, permet d’accélérer la prise en charge des nouveaux produits et services, de nouveaux processus. Elle facilite la consolidation des informations au niveau du groupe, pas seulement pour les données comptables. Un équilibre est à trouver avec les besoins d’adaptation au contexte local (marketing, réglementaire, social…). 

L'architecture des ensembles matériels et logiciels doit permettre leur maintenance de façon fiable, rapide et au moindre coût, être évolutive selon les besoins. Ceci nécessite une architecture modulaire, rationnelle, constituée d’éléments si possible faiblement couplés, permettant de maîtriser aussi bien que possible la complexité de l'ensemble.

La complexité des ensembles matériels et logiciels ne doit pas entraîner de difficultés excessives dans leur maîtrise (utilisation, exploitation, maintenance, évolutions…).

L’augmentation du nombre des microservices, des API, des composants logiciels, a pour effet d’augmenter la complexité des systèmes. Le découplage a également pour inconvénient d’augmenter la complexité. La complexité est (entre autres) l’ennemie de la sécurité.

Des architectures monolithiques, par exemple, sont susceptibles d’être conservées et rationalisées, modularisées.

Les architectures numériques doivent être robustes, fiables, sécurisées, sûres. Elles doivent être conçues dès le départ (security by design) pour être résistantes aux pannes, aux erreurs des utilisateurs, aux actions malveillantes... Des redondances, des solutions de secours, des segmentations de réseaux, des architectures zero trust, un cloisonnement des SI..., sont à prévoir. Ces exigences peuvent être contradictoires avec d’autres : les circuits d'échange d'informations entre les secteurs de l'entreprise, par exemple, sont susceptibles d'être utilisés par des acteurs malveillants. Les entreprises, leurs clients ne vivent pas dans un monde théorique.

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